Cinéaste reconnu internationalement, Jean Renoir était un amateur de chanson, comme il l’a illustré dans plusieurs de ses films. Fils du peintre Auguste Renoir, il incarnait une tradition du goût français orientée sur l’art de vivre, mais aussi le réalisme poétique et la réflexion sociale.
De retour en France après dix ans passés à Hollywood, il réalise au long des années 1950 une série de films dont l’esthétique fait référence aux maîtres de l’impressionnisme.
À l’instar de certains autres cinéastes (René Clair, Carlo Rim), Jean Renoir trouve alors l’occasion de signer des paroles de chansons. C’est à partir de French cancan, film à gros budget tourné en 1954, inspiré par l’histoire de l’ouverture du Moulin Rouge en 1889, que le réalisateur franchit le pas d’écrire lui-même des couplets.
Outre la reprise de chansons de l’époque interprétées par une pléiade de vedettes, Renoir insère dans son film plusieurs chansons de sa main, composées par Georges Van Parys.
La plus célèbre est sans conteste La complainte de la butte, interprétée en voix off par Cora Vaucaire et reprise par une foule d’interprètes. Réputé pour ses complaintes dans les musiques de film, Van Parys livre là un petit chef d’œuvre qui fera le tour du monde.
En 1956, Renoir tourne Elena et les hommes, où figurent plusieurs chansons composées par Joseph Kosma sur des paroles du cinéaste. Les plus marquantes sont Miarka interprétée par Juliette Gréco et Méfiez-vous de Paris par Marjane.
Enfin, en 1959, Renoir fait à nouveau appel à Kosma pour son film Le déjeuner sur l’herbe, où figurent deux chansons : À l’orée du bois et Mon cœur est un oiseau.
Les expériences de parolier de Jean Renoir n’iront pas beaucoup plus loin, mais ses succès suffiront à lui valoir une admission en qualité de sociétaire définitif en mars 1962, comme le confirme ce courrier de remerciements.
Par Martin Pénet